0

Le tourisme médical en Angleterre

Une première étude conséquente et sérieuse portant sur le tourisme médical au Royaume-Uni et ses implications a été publié en janvier 2014. Sans surprise, car l’Angleterre et le NHS prennent ce sujet très au sérieux et sont historiquement très avancé dans le domaine.

2 ans ont été nécessaire à l’équipe de l’université de York, avec le soutien d’universités et du NHS, pour mener à bien ce travail de fonds.

Le rapport de 262 pages souligne l’absence d’informations pertinentes, de statistiques ou de données fiables sur le secteur, pour un phénomène pourtant bien réel, dont quelques chiffres sont avancés par des sites Internet de nature commerciale plus que médicale : des données fantaisistes et sans réels fondements circulent sur la toile et sont repris en boucle, à l’instar de certaines estimations de Deloitte mentionnant des millions de patients chaque année en migration pour raison médicale, mais dont la source serait un article en ligne du « India Daily » dans aucune source n’a pu être vérifié.

Comprendre les motivations et les flux de patients représente un enjeu important pour les organismes nationaux de santé, afin d’évaluer le risque ou l’opportunité d’avancer dans une telle démarche.

En France, les données émises par le CLEISS sont les plus complètes en l’état et pointe une balance sanitaire positive pour la France.

Les conclusions du NHS sont contrastées dans le mesure où si le revenu des patients étrangers en Angleterre à pu être évalué, tout comme le flux de patients anglais se rendant à l’étranger pour un traitement, il est beaucoup plus difficile d’évaluer le coût consécutif à ces traitements sur le long-terme et leur incidence sur tout le territoire national.

Les données montrent qu’en 2010, au moins 63 000 ressortissant britanniques se sont rendus à l’étranger pour au total 52000 étrangers venant en Angleterre pour des raisons similaires. Si cette estimation est conservatrice et sous-estime probablement le phénomène, elle à le mérite de donner une base de modélisation et de décision.

Le montant des revenus générés oscillent chaque année entre 397 millions de livres et 544 millions, dont une fourchette de 178 à 325 pour la partie médicale, ce qui souligne une nouvelle fois l’importance des services annexes dans la prestation globale des soins.

Aussi, les patients du Moyen-Orient laissent peu à peu place à plus d’européens dans les hôpitaux Londoniens principalement, tandis que la France, la Pologne et l’Inde restent les principales destinations des britanniques.

Retrouvez l’étude complète ici.

Publié le 18/02/2015